Innovations anglo-saxonnes pour entreprises durables

Publié le 20 mai 2011 dans Initiatives et bonnes idées, À lire / À voir.
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Le 16/05, Puma , la marque lifestyle de PPR, est la première entreprise à formaliser un document Environmental Profit & Loss (E P&L) qui évalue les impacts environnementaux de la marque à 94,4 M€ – pour l’instant, la mesure porte sur les seules émissions de gaz à effet de serre et de consommation d’eau. Dans le détail, ces coûts environnementaux sont constitués à plus de 90% par les effets indirects des opérations de la marque (et notamment, l’impact des matières premières que sont le cuir, le coton, le caoutchouc…).

Nous sommes là dans l’innovation financière et comptable qui tente de donner un prix à l’environnement pour que l’entreprise puisse ainsi mieux faire face à de futures obligations réglementaires (taxe carbone par exemple), se donner un temps d’avance par rapport à la concurrence et enfin l’amener à faire évoluer son modèle économique dans un sens moins prédateur pour son écosystème.

Puma, par la voix de Jochen Zeitz, patron de la marque allemande et Chief Sustainability Officer de PPR, sert de fer de lance au groupe qui souhaite ensuite s’en inspirer pour ses autres métiers, comme le montre l’initiative PPR Home, annoncée en fanfare  fin mars.

Et ce n’est qu’un début, puisque l’enjeu portera ensuite sur l’intégration de plus de critères environnementaux (épuisement des ressources, acidification des terres, déchets…) et sociaux (niveau des salaires, conditions de travail…), permettant d’enrichir cet EP&L

 

D’autres termes font florès en ces temps de doute (et d’espoirs) sur une possible réforme du capitalisme :

  • Social Return on Investment (SROI), dont le fonctionnement est décrit dans un guide édité par le gouvernement britannique en 2009 – ce guide doit sortir en juin en VF sur le site de l’Institut de l’Innovation et de l’Entrepreneuriat Social
  • Triple bottom line (avec une bottom line qui ne se réduirait pas aux profits mais prendrait en compte les impacts sociaux et environnementaux)

 

A la lecture de ces nouvelles, on perçoit que la finance et l’entreprise veulent prendre le taureau par les cornes et avancer sur la voie d’une meilleure intégration des logiques extra-économiques dans leurs activités.

La prise en compte passe aujourd’hui par le développement de méthodes et d’outils encore émergents, et surtout attachés à fixer un prix sur la plupart des choses qui nous entourent – mesurer et quantifier aussi pour faire un état des lieux fiable et se donner les moyens d’engager des objectifs d’amélioration.

Investir dans l’extra-économique au nom du produire mieux est une nécessité pour préparer l’avenir, mais qui peut être lourde de conséquences : ainsi, qu’adviendrait-il si une société mondialisée aboutissait à la conclusion que son poids environnemental est trop élevé. La solution ne serait-elle pas alors de produire moins plutôt que mieux ? Choix difficile pour les actionnaires…

Les entreprises ont les moyens de développer des approches novatrices et hardies, mais en acceptant de regarder du côté des acteurs économiques déjà bien engagés dans cette voie (par exemple, Tudo Bom dans le champ du textile) ainsi que de partenaires aussi indispensables que sont les associations, devenues partenaires de démarches de transformation, et les individus (salariés, clients et citoyens).

Face à l’étendue des chantiers à engager, la période est en tous cas propice aux expérimentations.

 

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