Changer sa façon de s’alimenter constitue une manière forte d’améliorer l’état de la planète. En effet, on le sait peu : l’alimentation (de la production à l’emballage) est aujourd’hui la première source d’émission de gaz à effet de serre, avec près d’un tiers des émissions totales des Français.
Plusieurs études publiées par l’Agence bio démontrent que l’une des premières raisons d’adhésion à la nourriture biologique est la naissance d’un enfant.
Fortes de ce constat, huit écoles maternelles et primaires de la région parisienne (notamment issues du réseau Montessori) ont décidé de sauter le pas, depuis novembre dernier. Elles appliquent un cahier des charges strict, pour assurer aux enfants une alimentation saine, écologique et bio. Ces écoles qui ont pris ce virage avec le restaurateur SAGERE (filiale de Sodexo), ont notamment retiré des repas les espèces de poissons sauvages menacés, tels que le cabillaud et le thon rouge. Elles ont également supprimé les pâtisseries industrielles et tous les OGM. Le contrat prévoit aussi une politique stricte de recyclage des déchets (effectué par le prestataire). L’ensemble des écoles s’est engagé à proposer aux parents un coût moyen du repas fixé à 3,80 euros – soit un écart constaté de 25% par rapport à une cantine non-bio.
Ce projet prometteur intitulé Nos cantines pour la planète, doit sa naissance à Elisabeth Laville, fondatrice du cabinet Utopies, spécialisé dans le développement durable. Elle désirait initialement aider l’école Montessori Kids où est scolarisée sa fille de quatre ans, à faire évoluer ses repas. Trois cent repas bio sont aujourd’hui servis chaque jour, au sein des huit écoles.
Rappelons à ce titre que le Grenelle de l’environnement a fixé un objectif de 20% de repas bio, dans l’ensemble de la restauration collective publique, d’ici 2012. A Paris, la moyenne est à 9% (bio+AOC) mais certains arrondissements sont en pointe sur le sujet : ainsi, dans le IIème, c’est 60% des cantines qui sont passées au bio depuis 2009 – il est rappelé toutefois que la production ne suit pas toujours et que cela oblige à importer de l’étranger les produits. A quand l’autosuffisance alimentaire bio ?
Liens
- Le site www.mescoursespourlaplanete.com, qui est un guide pratique en ligne de la consommation responsable, a participé également à la naissance du projet.
- Le film www.nosenfantsnousaccuseront-lefilm.com de Jean-Paul Jaud, montre le lien entre l’agriculture conventionnelle intensive et le nombres croissant de maladies comme le cancer.
- A Paris, la réforme des tarifs de cantine fera passer le coût du repas dans les écoles et collèges dès septembre 2010 de 0,13€ à 5€ en fonction des revenus des parents pour les 100.000 enfants concernés.
