Les additifs dans le collimateur

Publié le 18 juin 2010 dans Bien manger, Vert chez vous.
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Wheat - TouToukeLe fait n’est pas nouveau. Depuis des millénaires, l’homme a cherché à modifier le goût et améliorer la conservation de ses aliments, laquelle a démarré dès que l‘homme a appris à protéger chaque récolte jusqu’à la récolte suivante et à conserver viande et poisson en les salant ou en les fumant. Ainsi, les Egyptiens ont utilisé des colorants  pour augmenter l’attrait de certains produits alimentaires et les Romains ont eu recours au salpêtre (ou nitrate de potassium), aux épices et aux colorants pour la conservation et l’amélioration de l’apparence des aliments.

Additif : le mot est lâché. Il désigne « toute substance habituellement non consommée comme aliment en soi et non utilisée comme ingrédient caractéristique dans l’alimentation, ajoutée intentionnellement aux denrées alimentaires dans un but technologique (…) », selon un règlement de l’Union européenne.

Toutefois, la plupart des additifs émanent aujourd’hui de produits issus de la transformation industrielle. Ces derniers sont dérivés de la houille ou du pétrole, ou encore extraits de tissus animaux et végétaux. Ils se répartissent en antioxydants, conservateurs, exhausteurs de goût, agents de texture, colorants, édulcorants, émulsifiants… Plus de 300 additifs sont ainsi autorisés en Europe. Ils portent la mention E, suivie de trois chiffres. L’étiquetage, l’inspection et la certification sont pris en charge par des organismes internationaux (l’OMS, la FAO…) qui contrôlent les additifs et les résidus de pesticides. Certains additifs sont inoffensifs, mais une trentaine d’entre eux est clairement à proscrire.

Bref, ces produits permettent de répondre aux impératifs de production industrielle, aux grandes quantités, au transport sur de longues distances, avec une résistance des aliments dans le temps. D’autres modifient les textures pour les rendre agréables au palais, empêchent la dégradation des couleurs et des goûts. On les trouve dans la plupart des plats « prêts à manger » que les parisiens sur-consomment par manque de temps et d’envie de cuisiner…

 

De manière concomitante, notre alimentation s’est appauvrie en nutriments de base (vitamines, minéraux, etc.), ouvrant dès lors une voie royale à l’industrie des compléments alimentaires. Qu’ils soient d’origine naturelle ou synthétique, certains additifs sont responsables d’intolérances et de réactions allergiques : manifestations cutanées, œdèmes, troubles respiratoires, ou encore céphalées. Certains sont même identifiés ou suspectés comme étant cancérigènes ou mutagènes. C’est pour cette raison que l’on voit fleurir à Paris des boutiques d’ alimentation biologique, à l’instar des enseignes Naturalia ou Biocoop. Elles répondent à un vrai désir de manger sainement. La législation pour l’alimentation biologique impose en effet une norme beaucoup plus stricte où très peu d’additifs alimentaires sont autorisés. Autre concept, les restaurants Exki. Environ 50% des produits de cette chaîne belge de fast-food sont bio. Le reste ne l’est pas mais, selon les dires de la chaîne, ne contient aucun additif. Enfin, pour déguster un pain sans additif, filez chez Dominique Saibron ou allez voir le pain bio d’Ile-de-France, une initiative des agriculteurs bio d’Ile-de-France, disponible dans de nombreux points de vente comme la boulangerie Connan, rue des Batignolles.

 

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