Elinor Ostrom

Publié le 11 décembre 2009 dans À lire / À voir.
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Vous aimez l’économie ? Vous avez alors entendu parler du dernier prix Nobel de cette discipline.

J’ai lu dans plusieurs articles que Michel Rocard la tenait en haute estime (cf. notamment cette interview dans Telerama).

Sur le site du Nobel Prize, on lit que le prix Nobel d’économie 2009 lui a été décerné (partagé avec Oliver Williamson ) «  »for her analysis of economic governance, especially the commons« . Son discours de réception à Stocholm a été tenu le 08/12 dernier et peut être vu ici.

C’est donc du côté des commons qu’il nous faut aller chercher…

Elinor Ostrom a développé une analyse des biens communs dans les systèmes complexes, que je peux résumer ainsi à gros traits :
- Meilleure efficacité des groupes locaux par rapport à un organe central dans la gestion des « common-pool resources » tels que l’eau, l’air, les forêts…, qui font appel à des interactions sociales complexes
- Dans une recherche menées sur les forêts, ses travaux ont constaté que la surveillance et la gestion quotidienne de la forêt par des groupes locaux conduisent à une plus grande durabilité que lorsque le gouvernement s’en occupe
- La confiance est essentielle pour construire une coopération entre individus

Entre les biens publics (au sens d’étatiques) et les biens privés, s’insèrent une foule de biens communs pour lesquels des utilisateurs locaux sont plus efficients pour maintenir un optimal (éviter la surexploitation des ressources par exemple).

Comme le dit Elinor Ostrom dans une récente interview parue dans le JDD à propos du sommet de Copenhague : « Il existe une vaste gamme de choses que les gens peuvent entreprendre, à leur petite échelle (…), de telle sorte qu’en plus d’attendre que ceux qui nous dirigent prennent des décisions, nous passions à l’action. Parce que si nous attendons trop longtemps, ce sera catastrophique« .

Une vraie morale de l’optimisme et de l’action, non ?

Liens :
- Sa page à l’Université de l’Indiana avec une liste de ses publications
- L’approche « polycentrique » développée par Elinor Ostrom dans un travail récent consacré aux changement climatique
- L’exemple de la forêt amazonienne et la gestion à plusieurs niveaux des écosystèmes dans le Annual Review of Environment and Resources de novembre 2009
- Pour une lecture économique, voir aussi cet article dans Alternatives Economiques. Sur le même site, voir également le blog d’Alain Lipietz

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